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[ 24-04-2008 ]Le 3ème Salon international des Initiatives de Paix

La Coordination française pour la Décennie organise les 30, 31 mai et 1er juin 2008 le 3e Salon international des Initiatives de Paix à la Cité des Sciences et de l’industrie (Espace Condorcet et Centre des Congrès de la Villette).
Ce Salon s’inscrit dans le cadre de « la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010)» proclamée par l’ONU.

Cet événement sera une nouvelle occasion de découvrir la culture de paix et de non-violence. Près de 200 exposants français et internationaux présenteront leurs initiatives en faveur de la paix. La salon s’adresse à tous publics avec de multiples animations, films, spectacles et deux espaces exclusivement dédiés à la jeunesse. Des ateliers interactifs permettront à chacun de mieux comprendre les enjeux de la culture de paix et de non-violence au quotidien.

Dans le cadre de ce salon auront lieu les Rencontres internationales 2008 «Acteurs de paix pour une culture de non-violence», cycle de conférences qui permettra d’engager réflexions et débats entre différents acteurs impliqués dans la promotion de la paix à travers le monde : société civile, collectivités locales, secteur privé, médias, syndicats, centres de recherche.

5 tables rondes permettront de revenir sur des questions de société françaises et internationales avec l’éclairage d’acteurs de terrain :

-Comment éduquer à la non-violence et à la paix en milieu scolaire ?
-Quel engagement non-violent du citoyen dans la vie sociale ?
-La misère, première cause de la violence ? Peut-on la combattre et avec qui ?
-Droit d'ingérence, intervention civile de paix : quel rôle de la communauté internationale ?
-Face à la violence des médias, quelle éducation ?

65 carrefours porteront sur des questions spécifiques de la culture de non-violence et de paix abordées de façon thématique (questions de genre, paix, sécurité ; désarmement ; médiation interculturelle ; mouvements de résistance civile) et sous un angle géographique, avec un éclairage notamment sur la situation au Kosovo, au Proche-Orient et en Birmanie.

Les deux précédents salons ont remporté un franc succès avec plus de 10 000 participants.

Informations pratiques
Tarifs :
Entrée journée : 5 euros
Forfait 3 jours : 10 euros
Moins de 18 ans, lycéens, étudiants, demandeurs d’emploi : 1 euro

La participation aux Rencontres internationales est libre (dans la limite des places disponibles)

Horaires d’ouverture :
Vendredi 30 mai de 10h à 19h
Samedi 31 mai de 10h à 19h
Dimanche 1er juin de 10h à 19h

Informations-renseignements :
Informations grand public et Réservation Groupes : Tél : +33(0)1 46 33 41 56

Accès :
Métro : Porte de la Villette
Parking : Porte de la Villette
Bus : 75 ou PC

Un catalogue comportant le plan du Salon, le programme des activités et la présentation des exposants sera disponible et distribué aux visiteurs à l’entrée du Salon. Chaque jour, ce programme sera projeté sur deux écrans géants situés au milieu du Centre des Congrès.
Site: cliquez ici

 

 

[ 04-09-2007 ]Bil'in, Palestine : Une victoire contre le mur de séparation

Source : The Guardian - Traduction : Courrier International - par Rory McCarthy

Le 4 septembre, la Cour suprême israélienne a donné raison à des villageois de Cisjordanie et ordonné la modification du tracé du mur destiné à séparer les Palestiniens des Israéliens. Une décision qui récompense la stratégie pacifiste adoptée par les habitants de Bil’in.

De la porte d’entrée de sa maison en pierre, Waheed Suleiman Yassin jouit d’une vue remarquable sur les collines environnantes et d’un excellent poste d’observation sur l’un des projets israéliens les plus controversés en Cisjordanie. A une vingtaine de mètres de chez lui, et sur deux côtés de sa maison, s’étend un imposant réseau de barrières métalliques et de routes de patrouille qui fait partie du mur de séparation dont la longueur doit atteindre à terme 720 kilomètres. Le 4 septembre, les opposants à ce mur ont remporté une rare victoire : la Cour suprême israélienne a ordonné au gouvernement de modifier son tracé pour qu’il ne passe plus par Bil’in et que des villageois comme M. Yassin puissent récupérer des terres dont ils étaient privés depuis près de trois ans.

M. Yassin, 43 ans, qui exploite le calcaire d’une carrière voisine, vit dans sa maison depuis vingt-cinq ans. Celle-ci, située au sommet d’une colline et dominant Bil’in et les villages alentour, faisait l’admiration de tous. "Les gens nous enviaient pour la magnifique vue que nous avions", dit-il, assis devant chez lui. "Il y a trois ans, c’était un paradis, et puis il y a eu le mur." Comme beaucoup de villageois, il s’est soudain trouvé privé de la majeure partie de ses terres, plantées d’oliviers et de figuiers. Et il a vu Modiin Illit, l’une des colonies dans les Territoires occupés qui connaissent la plus forte expansion, s’étendre. Abritant aujourd’hui 30 000 colons, pour la plupart ultraorthodoxes, elle est appelée à devenir une ville de 150 000 habitants.

Au grand embarras du gouvernement israélien, la Cour suprême a fait valoir que l’actuel tracé ne se justifiait pas et a ordonné au ministère de la Défense de lui en soumettre un nouveau. "Nous n’étions pas convaincus de la nécessité, sur un plan sécuritaire, de maintenir ce tracé qui passe sur des terres du village de Bil’in", a déclaré la juge Dorit Beinish. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une première, cette décision de justice se distingue par la fermeté du langage employé et par le fait que Bil’in est l’un des rares villages palestiniens à avoir gagné la partie en opposant une résistance pacifique au mur pendant deux ans et demi. "Les armes ont été interdites dès le départ, raconte M. Yassin. Nous avons décidé de mener un combat pacifique, car nous savions que si nous avions recours aux armes nous ne récupérerions pas un pouce de terrain. Si nous avions tiré une seule balle, l’armée israélienne en aurait profité pour liquider tout le village."

Chaque vendredi, des manifestants se rendent à la clôture en chantant et en brandissant des drapeaux et ils affrontent les soldats israéliens. L’armée répond aux jets de pierres par des tirs de gaz lacrymogène, de grenades incapacitantes et de balles en caoutchouc. Deux manifestants au moins ont été gravement blessés et beaucoup d’autres plus légèrement atteints, dont le fils et le cousin de M. Yassin. Le 4 septembre, des dizaines de villageois se sont rendus en camions ou en fourgons jusqu’à la clotûre, où, sous les yeux des soldats israéliens, ils ont brandi des drapeaux et tapé à coups de bâtons sur la barrière métallique. Un villageois s’est adressé à la foule avec un haut-parleur : "Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est grâce à votre persévérance. Ce sont vos protestations qui nous ont fait connaître au reste du monde et nous ont valu la victoire", a proclamé Abdul Latif Yassin, un instituteur de 50 ans. "Les terres qui se trouvent derrière la barrière nous ont été restituées aujourd’hui." Un des organisateurs de la manifestation, Nasir Samarra, 27 ans, se tenait dans la foule, vêtu d’un tee-shirt sur lequel on pouvait lire "Libérez la Palestine". "Notre lutte ne fait que commencer", a-t-il expliqué. "Nous voulons qu’Israël applique cette décision et ne se contente pas de rendre un jugement."

Comme il y a toujours des militants étrangers et israéliens parmi les manifestants, cette campagne est devenue l’un des hauts lieux de l’action non violente menée conjointement par des Israéliens et des Palestiniens. "C’est une grande victoire dans la lutte du peuple contre le mur et l’occupation", a déclaré Jonathan Pollack, l’un des principaux militants israéliens à Bil’in. "Cette décision a attiré l’attention sur une question que nous évoquions en appel : le fait que le mur est conçu pour permettre l’expansion des colonies et s’emparer des terres, et non comme un outil sécuritaire."

Israël soutient que le mur a été érigé pour protéger ses citoyens des opérations de kamikazes et que, même si elle n’est qu’à moitié achevée, sa construction a eu un impact majeur en réduisant le nombre d’attentats. Cependant, dans un avis consultatif rendu en 2004, la Cour internationale de justice a jugé que les tronçons de la clôture qui empiétaient sur le territoire cisjordanien étaient illégaux et devaient être démantelés. Une fois les travaux achevés, 10,1 % de ces territoires seront du côté "israélien".

 

 

[ 06-06-2007 ]La paix a besoin de volontaires ! Non-violence XXI et Nonviolent Peaceforce agissent ...

Non-violence XXI et Nonviolent peaceforce s'associent pour lancer un appel à soutenir l'intervention civile de paix.

Des missions civiles d'interposition, d'observation, de médiation ou de coopération, menées par Nonviolent Peaceforce et d'autres ONG ont lieu actuellement en Colombie, au Sri Lanka, au Kosovo, en Indonésie notamment et elles ont fait leurs preuves.

Elles permettent une diminution du niveau de violence ou de tension, un relachement des menaces à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme, un espace de dialogue pour les parties au conflit, ainsi qu'un appropriation du processus de paix par les populations locales. Elles permettent de prévenir et gérer les conflits et facilitent leur résolution politique.

L’intervention civile de paix est une réponse pertinente, efficace et peu onéreuse face à nombre de conflits armés en cours ou qui menacent d’exploser.

Ces missions nécessitent des fonds qui font actuellement défaut. C'est pourquoi Non-violence XXI, fonds associatif pour une culture de non-violence s'associe à Nonviolent Peaceforce pour faire connaître l'intervention civile de paix ... parce que ces initiatives méritent d'être soutenues par ceux qui croient à des alternatives non-violentes aux conflits armés !

Pour en savoir plus :
- sur Nonviolent Peaceforce : www.npeurope.org
- * ouvrez le dossier de presse *

 

 

[ 04-04-2008 ]40 ans après le départ de Martin Luther King - Adolfo Pérez Esquivel

Ils ont voulu faire taire sa voix et ils n’ont pas réussi car elle se manifeste avec encore plus de force et perdure toujours à travers le temps. “J’ai fait un rêve qu’un jour nous serions assis tous ensemble autour de la table de la fraternité, sans aucune différence, comme des frères”…

Ce rêve de Martin Luther King reste toujours présent et nous devons le faire entrer dans la réalité de notre vie quotidienne, dans nos pays et dans le monde. Actuellement, nous nous trouvons face à des situations d’intolérance et de violence du pouvoir qui déclare et impose des guerres, des conflits, des famines et de la discrimination. Aujourd’hui, nous en voyons l’application contre les immigrants aux Etats-Unis et en Europe avec le rejet et les expulsions de milliers de personnes qui recherchent seulement des conditions de vie plus justes et plus dignes que celles qu’ils ont dans leurs pays d’origine. Ils doivent pour cela supporter la violence et subir la peur, la prison et l’expulsion.

Nous voulons à présent faire mémoire et nous souvenir de cette femme noire qui a déclanché la rébellion face aux injustices de la discrimination raciale. Elle n’a dit qu’un seul mot: “Basta !”, “Ca suffit !”… Rosa Park a décidé de s’asseoir dans le bus sur un siège interdit par les lois de ségrégation raciale, et elle a refusé de céder sa place. Elle a dit simplement “ça suffit” à ces lois injustes et elle a dû assumer les conséquences de son acte de résistance. Pour cela, elle a été arrêtée et condamnée.

C’est alors que Martin Luther King a pris la tête d’une grande marche de plus de 50 mille noirs et lui aussi a été arrêté, malgré la décision du Tribunal Suprême qui avait déclaré que la législation sur la discrimination raciale était inconstitutionnelle. Henri Thoreau au XIXème siècle avait déjà pratiqué la résistance civile non-violente.

Il avait déjà dit que toutes les lois ne sont pas justes et que, en conscience, on doit désobéir aux lois injustes et se tenir prêt à assumer les conséquences de sa désobéissance. Il avait aussi déclaré que “ce qui est légal n’est pas toujours juste et ce qui est juste n’est pas toujours légal”.

Le Révérend Martin Luther King, Pasteur Baptiste, a bien compris cet acte de courage et de résistance civile de Rosa Park et il a décidé d’assumer le défi ensemble avec ses frères de couleur, de faire entendre la voix des Noirs et de réclamer leurs droits.

Pour cela, il leur a fallu s’organiser dans la résistance et prendre des décisions face à ces injustices. L’Evangile avec la non-violence comme force de libération était en train de devenir réalité. Le fait de vivre la Foi et l’Espérance dans cette résistance civile leur a permis de changer la situation d’injustice que vivaient alors tous leurs frères de couleur en Amérique du Nord.

Avec le temps, cette lutte et cette résistance sociale ont porté des fruits. 40 ans après l’assassinat de Martin Luther King, ce grand pays a un candidat à la présidence de la Nation qui est un frère de couleur, Barak Obama. Il y a seulement quelques années, c’était vraiment imprévisible et cela aurait paru très insolite alors qu’aujourd’hui, c’est une réalité.

Les sociétés ne sont pas statiques. Sous une forme ou sous une autre, toutes sont soumises à une dynamique permanente de transformation et c’est ce qui manifeste la grande richesse des peuples. Mais, ce qui arrive actuellement est vraiment quelque chose d’inédit: un noir et une femme sont en campagne électorale pour être candidats à la présidence des Etats-Unis.

L’exemple et le témoignage de vie de Martin Luther King représentent un vrai défi pour notre temps. Il s’est abreuvé à la fois aux sources de la religion chrétienne et à celle du prophète de la non-violence qui a lutté pour la libération de l’Inde, le Mahatma Gandhi qui, voici 60 ans cette année, est mort assassiné par un fanatique alors qu’il cherchait un rapprochement entre les Musulmans et les Indous pour réaliser l’unité et empêcher la séparation entre l’Inde et le Pakistan.

Cela fait quelques années, je suis allé en Inde, à Bombay, dans la maison-musée du Mahatma Gandhi et j’ai pu converser avec ceux qui ont été ses disciples et ses compagnons de militance durant la lutte pour la libération de l’Inde. Aujourd’hui, ce sont des personnes d’un certain âge qui essayent de transmettre leurs expériences de vie aux nouvelles génératons. Nous avons parcouru ensemble cette maison-musée où vivait Gandhi. Ils m’ont raconté que Martin Luther King était venu les visiter et qu’il leur avait demandé de le laisser dormir une nuit sur la terrasse dans le petit lit où Gandhi dormait et se reposait. Il avait besoin de prier et d’écouter le silence pour ressentir les vibrations de la non-violence. Le lendemain, il leur a dit qu’il avait passé cette nuit en prière et en communion avec cet endroit où Gandhi avait vécu et que cette expérience l’avait beaucoup aidé à fortifier son énergie afin de pouvoir repartir avec plus de force dans son pays sur les chemins de la résistance non-violente.

Un de ses discours les plus importants et dont on se souvient encore, c’est celui de la marche du 28 août 1963 à Washington, discours prononcé devant 200.000 personnes et devant des millions de téléspectateurs, pour demander que soit approuvé une législation sur le droit de vote des noirs et sur la fin de la ségrégation dans les services publics. Un an plus tard, il recevait la Prix Nobel de la Paix.

Sa tâche a été vraiment dure pour organiser les marches dans les temples protestants, pour créer une méthodologie de résistance non-violente face aux injustices, sans répondre à la haine par la haine, et pour enrayer la spirale de la violence afin de parvenir à la résolution des conflits. C’est ainsi qu’ont été organisées les manifestations pour réclamer les droits civils, en ouvrant des espaces à tous ceux qui comprenaient bien que l’objectif à atteindre, c’était le droit et l’égalité pour tous en tant que citoyens et citoyennes. De plus, à cette époque, Martin Luther King a aussi compris que les problèmes de fond allaient bien au-delà de la lutte pour le droit des noirs. Il sentait aussi le besoin d’assumer pleinement les problèmes sociaux et culturels indiqués par les indices de pauvreté. Pour lui, les droits devaient s’étendre à la société toute entière.

De réformiste qu’il était au début, il est devenu beaucoup plus radical en réclamant des changements profonds dans la société. Il s’est mis à critiquer avec force la guerre du Vietnam. Il a aussi dû débattre avec d’autres leaders noirs qui étaient en faveur de la violence pour parvenir à des changements radicaux dans le pays, comme Malcom X et Carmichael.

40 ans après son départ, il nous a laissé son exemple et le défi d’un rêve que nous devons transformer en réalité, celui d’arriver à partager la fraternité dans la diversité.

Moi, j’ajouterais que, dans ce défi, nous devons partager le pain qui alimente le corps et l’esprit et partager aussi la liberté, car sans pain et sans liberté, nous n’avons plus la capacité d’Aimer et, sans amour, le monde perd tout son sens.

Je ne puis m’empêcher de signaler que c’est aussi le 4 avril de l’année 1977 que j’ai été détenu dans le Département central de la Police Fédérale argentine et que de là, on m’a conduit dans la prison de la dictature militaire. C’était aussi le premier jour de la Semaine Sainte. Il s’est passé 31 ans depuis et bien souvent je me souviens de ce moment-là et de ce temps de résistance et de prière dans la prison. Je me souviens aussi que dans ce centre de torture, dans le cachot, ce boyau de l’horreur, un prisonnier ou une prisonnière avait écrit avec son propre sang: “Dios no mata”, “Dieu ne tue pas”. C’est un cri que je ne peux oublier et qui me fait penser à tous ceux “qui ont donné leur vie pour donner la vie”.

Adolfo Pérez Esquivel - Buenos Aires, le 4 avril 2008

 
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